Nutrition pendant un marathon : les repères essentiels

Pendant un marathon, les choix de ravitaillement doivent rester utilisables pendant plusieurs heures. Prévoir des glucides, anticiper les points d’eau et connaître sa tolérance aide à construire une stratégie réaliste. Le meilleur chiffre est celui que vous pouvez mettre en pratique dans votre contexte de course.

À retenir

  • Préparez vos apports à partir de votre durée prévue et de vos essais.
  • 90 g/h est un apport élevé, pas un objectif par défaut : privilégiez votre tolérance.
  • Traitez les besoins en boisson et en glucides séparément, même avec une boisson énergétique.

Partir de votre durée et du parcours

Deux coureurs sur 42,195 km peuvent passer un temps très différent dehors. Estimez votre durée probable, puis consultez le parcours et les ravitaillements : espacement, produits distribués, possibilité de porter vos propres réserves. Cette vérification transforme une intention générale de bien s’alimenter en choix réalisables, sans imposer un déroulé minute par minute.

Une arrivée plus tardive signifie davantage de temps à gérer, mais pas automatiquement davantage de glucides par heure. L’intensité absolue et la tolérance interviennent aussi. Si vous prévoyez de marcher sur certaines portions, conservez une stratégie adaptée à cet effort réel plutôt que de copier celle d’un athlète courant beaucoup plus vite.[1]

Quelle quantité de glucides viser ?

Partez de la quantité que vous tolérez à l’entraînement. Les repères de 30–60 g/h concernent les efforts d’environ 1 à 2 h 30 ; au-delà de 2 h 30–3 h, les recommandations évoquent jusqu’à 90 g/h dans certains contextes. Ce chiffre élevé n’est pas un objectif standard pour tout marathonien. L’envisager demande une progression et des essais répétés en conditions proches de la course, sans garantie de le tolérer.[2][1]

Aux apports élevés, associer des sources de glucose et de fructose permet d’utiliser différentes voies d’absorption. Cela ne garantit pas l’absence d’inconfort. Additionnez les glucides de toutes les prises, y compris la boisson, et vérifiez les portions réellement consommées. Ne confondez ni le poids total d’un gel avec ses glucides, ni la quantité emportée avec la quantité avalée.[1]

Boire sans confondre eau, sodium et énergie

La météo, votre transpiration et l’accès aux ravitaillements changent vos besoins. Utilisez vos observations à l’entraînement et votre soif pour ajuster les prises, sans chercher à boire le plus possible. Les recommandations d’hydratation insistent sur l’individualisation ; le risque d’excès de boisson est particulièrement important à comprendre sur les épreuves prolongées.[3][4]

Le sodium d’une boisson ne rend pas une surconsommation d’eau sans risque. De même, augmenter le volume bu pour atteindre votre objectif glucidique peut être inadapté. Prévoyez comment dissocier ces deux besoins si les conditions changent. Lire la concentration d’une boisson est utile, mais elle ne devient un apport réel qu’une fois reliée au volume effectivement consommé.[4]

Préparer une stratégie que vous pouvez tenir

Répétez vos choix sur des séances représentatives et augmentez progressivement les apports si nécessaire. Testez ensemble les produits, la boisson, le matériel de portage et l’allure envisagée. L’entraînement digestif peut aider, mais la tolérance reste individuelle et dépend aussi du contexte : une séance fraîche ne reproduit pas parfaitement une course chaude.[5]

Commencez à vous ravitailler de façon régulière selon ce que vous avez préparé, plutôt que d’attendre une grande fatigue puis de tout rattraper. Si une prise est manquée, évitez une double portion improvisée. Gardez une solution connue lorsque le produit annoncé manque, et vérifiez les consignes d’eau des gels. La simplicité facilite l’exécution quand la concentration diminue.

Des repères, pas une cible unique

Des repères, pas une cible unique
ContexteRepère glucidiqueConditions
Effort d’environ 1 à 2 h 3030 à 60 g/hRepère général d’endurance ; ne pas raisonner sur la distance seule.
Effort prolongé, avec préparation aux apports élevésJusqu’à 90 g/h dans certains casÀ envisager seulement après des essais progressifs concluants ; pas une cible standard.
Apport supérieur à 60 g/hSources combinéesGlucose et fructose, avec essais progressifs à l’entraînement.

La durée seule ne justifie pas de viser 90 g/h. Même avec un mélange glucose-fructose et un entraînement digestif, cet apport peut être mal toléré. Conservez une quantité éprouvée ; toute augmentation se prépare progressivement avant la course, sans forcer en présence d’inconfort.[2][1]

Questions fréquentes

Faut-il absolument atteindre 90 g/h ?

Non. C’est un apport élevé, qui ne convient pas à tous les coureurs et ne constitue pas une condition pour terminer un marathon. Retenez une quantité régulièrement tolérée à l’entraînement. Ne visez pas 90 g/h en course sans essais concluants.

La nutrition suffit-elle à éviter le mur ?

Non. Les apports participent à la disponibilité énergétique, mais l’allure, l’entraînement, les réserves de départ et les conditions comptent également. Aucun produit ni chiffre horaire ne garantit d’éviter une forte baisse d’allure.

Sources scientifiques

Les références ci-dessous étayent les repères présentés. Leur application dépend de la durée, de l’intensité et de votre tolérance ; elles ne valident pas le barème de Glyk.

  1. Jeukendrup — A Step Towards Personalized Sports Nutrition: Carbohydrate Intake During Exercise (2014).
  2. Australian Institute of Sport — Sports gels: how and when do I use it?
  3. Sawka et al. — ACSM position stand: Exercise and fluid replacement (2007).
  4. Hew-Butler et al. — International Exercise-Associated Hyponatremia Consensus (2015).
  5. Costa et al. — Sports Dietitians Australia–USSF position statement on exercise-associated gastrointestinal symptoms (2025).
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